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LIMOUSIN TERRE DE GAUCHE : COMPTE RENDU DE LA COMMISSION PERMANENTE DU 28 MARS 2013

Publié le par pcf23

LIMOUSIN TERRE DE GAUCHE : COMPTE RENDU DE LA COMMISSION PERMANENTE DU 28 MARS 2013

A l’affût des aides régionales : pôles de compétitivité et multinationales...

Cibler et conditionner les aides économiques : ce débat récurent au Conseil régional a une nouvelle fois alimenté les débats de la dernière commission permanente où Limousin Terre a refusé de voter des subventions en faveur d’une multinationale et d’entreprises relevant des pôles de compétitivité.

Les élus du groupe ont voté contre l’attribution d’une subvention de 100.000 euros à l’entreprise Isoroy à Ussel pour financer des investissements en faveur de la protection de l’environnement (voir communiqué sur le site www.terredegauche.fr) . Implantée à Ussel, cette société qui fabrique des panneaux de bois, doit aujourd’hui se mettre en conformité avec la loi en finançant la construction d’un bassin de décantation des eaux de ruissellement afin d’éviter la pollution d’un ruisseau tout proche. La Région a été sollicitée à hauteur de 100.000 euros pour subventionner une partie de ces travaux. Les élus régionaux Limousin Terre de Gauche ne sont pas hostiles à l’attribution d’aides économiques ciblées – sous conditions sociales, environnementales ou démocratiques toutefois - au tissu des petites entreprises régionales, mais ils refusent par contre d’apporter une aide financière aux filiales des multinationales, au prétexte ,selon la majorité régionale, qu’elles seraient sur le territoire limousin. Et c’est bien le cas pour Isoroy, entreprise qui est passée depuis 1998 sous le contrôle du groupe portugais Sonae Industrie. Un groupe qui a dégagé 1,4 milliards de chiffres d’affaires l’an dernier et est donc tout à fait en mesure, comme l’a montré Stéphane Lajaumont, de financer sur ses fonds propres une opération, qui plus est, vise à mettre simplement l’entreprise en conformité avec la loi. L’ « effet d’aubaine » que ne cesse de dénoncer le groupe a joué une nouvelle fois à plein…

Les pôles de compétitivité : un aspirateur à subventions au profit des métropoles…

Limousin terre de Gauche a à plusieurs reprises dénoncé les logiques à l’œuvre derrière la notion de « pôles de compétitivité ». Créés par la droite en 2005, afin de contribuer au développement de l’Europe-puissance, dans le cadre de la compétition mondiale, ces pôles ont pour objectif de favoriser le rapprochement entre entreprises, établissements d’enseignement supérieur, organismes de recherche publics ou privée travaillant sur un même domaine pour élaborer ensemble des produits innovants : en fait, ils encouragent au développement de la recherche appliquée, orientant ainsi la recherche fondamentale vers des secteurs rapidement rentables, dans l’intérêt des entreprises concernées.

Bénéficiant d’un régime fiscal particulier et de subventions publiques ils sont censés doper la croissance des territoires et développer certaines zones en difficulté. La réalité est souvent bien différente. En Limousin il existe deux pôles de ce genre : le Pôle Européen de la Céramique et l’autre, Elopsys, autour des micro ondes. Les entreprises et laboratoires membres sont concentrés, pour l’essentiel, sur les agglomérations de Limoges surtout, et de Brive secondairement : il est donc difficile d’affirmer que ces deux pôles irriguent l’ensemble du territoire régional ! Par ailleurs, et malgré les demandes réitérées de Limousin Terre de Gauche à ce jour, soit huit ans après leur mise en place, aucun chiffre concernant le nombre de projets menés à leur terme et leurs retombées précises en termes de créations d’entreprises ou d’emplois locaux ne sont disponibles. Une absence de transparence pour le moins regrettable quand on sait que la région a aidé ces pôles à hauteur de près de 5 millions d’euros entre 2007 et 2013 et que les entreprises membres des pôles, notamment des start-up, sont subventionnées souvent à plusieurs centaines de milliers d’euros en quelques années (nos précédents comptes rendus fourmillent d’exemples) ; parfois, dans le cadre de consortiums, ce sont même directement des grands groupes qui en bénéficient ! N’est-il pas ainsi symptomatique que des start-up locales, après avoir été abreuvées d’argent public en Limousin passent sous la tutelles de fonds d’investissements ou de grands groupes (comme Glycode à Uzerche, passé sous le contrôle d’investisseurs ou Emix, à Saint-Maurice de la Souterraine, rachetée début 2012 par Silicio FerroSolar, filiale du groupe espagnol FerroAtlantica - 1,2 milliards de chiffre d’affaire en 2011)?

En réalité, comme les élus Limousin Terre de Gauche ne cessent de l’affirmer on assiste là à un véritable détournement de la recherche publique au profit de grandes entreprises et de grands groupes. Où sont les retombées pour l’économie régionale ? D’autres filières prenant appui sur les ressources et les savoirs locaux ne sont-elles pas ainsi sacrifiées ? Limousin Terre de Gauche refuse de cautionner cette logique qui conduit à faire de l’innovation un credo aveugle, surtout lorsqu’il n’est porté que par des logiques de compétition internationale !

Toujours en matière d’aide aux entreprises, le groupe s’est enfin prononcé contre l’attribution d’une aide à l’entreprise MécaBrive, rachetée récemment par le groupe Figeac Aéro qui dégage des bénéfices (même s’il fait apparaître un déficit d’exploitation pour le site de Brive !) et a remis en cause les acquis sociaux (les 35 heures ont été portées à 37,5 heures et annualisées suite à un accord signé par le syndicat minoritaire…). Malgré l’absence de conditionnalité sociale avant toute aide, cela n’a pas empêché toutes les composantes de la majorité régionale de voter cette subvention...

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