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le MEDEF est content

Publié le par pcf23

le MEDEF est content

Avant l’ouverture des discussions avec les syndicats et les organisations patronales sur la future réforme des retraites, le Premier ministre, sur France 2,
a parlé des termes du « contrat » qui lie son gouvernement aux électeurs qui l’ont porté au pouvoir, il y a quinze moi
s.

Accepter une hausse de la CSG, ou des cotisations, ou plus vraisemblablement un mixte des deux, serait un moindre mal, le prix inéluctable à payer, en quelque sorte, pour garantir le « vrai choix de société », selon Jean-Marc Ayrault, de ne pas procé­der à un nouveau report de l’âge légal de départ en retraite au-delà de 62 ans. Dans le cas contraire, ce serait, a-t-il dit, « une atteinte à un contrat » passé avec « toute une génération, tous ceux qui ont prévu de partir à la retraite dans les années qui viennent » et qui « se sentiraient trahis ».

Contrat rempli, donc, selon le Premier ministre. Sauf qu’entre la campagne pré­sidentielle et aujourd’hui, des astérisques en tout genre ont été rajoutés, comme on le fait en bas des polices d’assurance ou des publicités pour inclure des clauses qui relativisent ou invalident les engagements pris en grosses lettres. Premier addendum dont le gouvernement minimise les effets dévastateurs, la durée de cotisation pour prétendre à une pension à taux plein pour­rait continuer à croître très au-delà des 41 ans et neuf mois prévus en 2020 par la réforme Sarkozy.

Autre entorse au « contrat » initial, le patronat, censé prendre sa part du finance­ment de la réforme, pourrait finalement en être exempté, le Medef se réjouissant de l’« ouverture » du gouvernement en faveur d’une nouvelle « baisse du coût du travail ». Si tel était le cas, la réforme qui se dessine se révélerait être un marché de dupes. Pour les salariés, le droit au départ même maintenu dans les textes à 62 ans signifierait dans les faits une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat des retrai­tés et des actifs, accentuée par le transfert même partiel des cotisations sociales vers la CSG.

Habilement, il est vrai, sans doute dans la perspective de ne pas avoir l’air de se dédire le moment venu, le candidat à la présidentielle François Hollande avait rédigé au minimum les termes de ses engagements devant les électeurs en 2012, contournant les questions sensibles de l’âge de départ et du financement. C’est pourtant un tout autre « contrat », moral celui-là, si l’on peut dire, à défaut d’être écrit, que le pays a passé avec ceux qui s’opposaient alors, à ses côtés, à la réforme Sarkozy de 2010 : celui de garan­tir le droit à la retraite à 60 ans, pour tous, à taux plein. « La retraite à 60 ans, c’est le bouclier social des ouvriers. C’est pour­quoi il faut leur laisser la liberté de la prendre », déclarait d’ailleurs Jean-Marc Ayrault, alors député de l’opposition, le 14 septembre 2010, à l’Assemblée natio­nale, et qui ajoutait : « Il faudra reprendre cette réforme en 2012, s’agissant notam­ment de la question des seuils de 60 ans, de 65 et de 67 ans parce que ce sont ces dispositions, qui mettent en jeu la justice sociale, que nous voulons combattre et remettre en cause. »

Mais cela suppose de ne s’interdire dans les discussions qui se sont ouvertes avec les syndicats aucune piste alternative à l’augmentation de la durée de cotisation ou de la CSG, comme la mise à contribu­tion du capital et de ses revenus, dont la part ne cesse de croître au détriment de celle allouée au travail

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