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COMPTE RENDU DE LA COMMISSION PERMANENTE DU CONSEIL REGIONAL DU 25 JUILLET 2013

Publié le par pcf23

COMPTE RENDU DE LA COMMISSION PERMANENTE DU CONSEIL REGIONAL DU 25 JUILLET 2013
COMPTE RENDU DE LA COMMISSION PERMANENTE DU CONSEIL REGIONAL DU 25 JUILLET 2013

L'exécutif socialiste sans boussole politique

Confirmation du tournant « austéritaire », soutien réitéré aux multinationales, déni de réalité concernant la LGV, voilà les enseignements majeurs de cette commission permanente de l’été qui ont entrainé les nombreuses interventions des élus Limousin Terre de Gauche.

Méthode Coué

Rien ne semble -apparemment- troubler les défenseurs du barreau LGV Limoges-Poitiers. Même pas les déclarations du Premier ministre qui a renvoyé le 9 juillet la réalisation éventuelle de cette ligne au-delà de 2030. Pratiquant la méthode Coué, la majorité régionale continue à proposer au vote des rapports déconnectés de la réalité. Il était ainsi proposé d’approuver une subvention de 96.000 euros au profit de la commune de Limoges afin de « financer les études d’intégration urbaine liées à la LGV Limoges-Poitiers ». Le groupe a eu beau jeu de faire remarquer que cette étude devenait inutile et qu’il était opportun de retirer le rapport et, pour le moins de l’ajourner. Le président de Région a poursuivi dans le déni de réalité qui le caractérise sur le sujet en estimant que les deux lignes POLLT et LGV restaient complémentaires et qu’il voulait aider les deux. En revenant à la charge, nous avons déploré ce gaspillage d’argent public et expliqué qu’il était nécessaire que l’exécutif régional organise une réunion publique sur la défense du POLLT, quelles que soient les prises de position pro ou anti-LGV des uns et des autres, afin qu’il y ait enfin un débat cartes sur tables et que le POLLT ne soit pas sacrifié. Mal à l’aise face à cette demande, le président de Région n’a pas clairement répondu. Qu’il soit sûr que nous reviendrons sur cette demande !

La question ferroviaire a donné lieu également à un autre échange qui montre la manière dont l’exécutif aborde des sujets en évacuant leur sens politique : celui du pelliculage des trains régionaux. En effet, pour identifier la région propriétaire du train, une mise aux couleurs régionales du TER concerné est effectuée. Le coût n’est pas négligeable : entre 50 et 100 000 euros par train, selon la taille de celui-ci. Si nous avons accepté le principe d’identification des trains rachetés à d’autres régions (par exemple ceux obtenus récemment auprès du Nord-Pas de Calais), nous avons demandé au président de surseoir au pelliculage des trains déjà identifiés « Région Limousin », même s’ils ne disposaient pas du tout dernier logo en date, celui de la « marque partagée » au regard de besoins à dimension sociale plus urgents à financer (par exemple les lycées), puisque la somme à investir était tout de même de 6 à 700 000 euros, … Le président nous a répondu que cela créait de l’emploi et que c’était une justification suffisante…

Entre austérité et aides aux multinationales
Certaines économies pourraient d’ailleurs être facilement être réalisées si la majorité régionale était un peu plus exigeante en matière d’aides aux entreprises et décidait, comme le groupe LTG ne cesse de le demander, d’exclure de leur périmètre les multinationales. Ce n’est malheureusement pas la voie choisie : rien qu’à cette commission permanente trois grands groupes viennent ainsi de bénéficier des largesses régionales. International Paper (Saillat sur Vienne) va ainsi recevoir, via les fonds européens gérés par la Région, une subvention de un million d’euros pour abaisser considérablement ses rejets polluants dans la Vienne. Alors qu’elle dégage un chiffre d’affaires de près de 26 milliards n’a-t-elle pas les moyens pour autofinancer les investissements nécessaires ? Poser la question c’est y répondre. De même, accompagner Legrand au titre de la recherche industrielle à hauteur de 150.000 euros est-il légitime alors que le groupe vient de verser 264 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires ? Là encore la réponse semble évidente … sauf à la majorité socialiste et à ses alliés. Même problématique enfin pour la société Polyrey (Ussel) qui appartient majoritairement à un fonds d’investissement et un à un trust américain et va recevoir 100.000 euros pour la mise en œuvre d’un plan de réduction des consommations d’énergie. Stéphane Lajaumont et Christian Audouin souligneront tour à tour l’effet d’aubaine présentée par ces aides et se prononceront contre l’attribution de subventions qu’ils préfèreraient voir réservées au tissu des PME et TPE régionales. Austérité, un mot tabou que la majorité régionale ne veut toujours pas employer mais qu’elle met progressivement en œuvre en réduisant certaines dépenses. Après la séance plénière de Juin (voir compte rendu), la commission permanente de ce mois en a fourni une nouvelle preuve. Sous couvert de faire évoluer le WIF (festival international de webdesign) organisé à l’initiative de la Région tous les deux ans, l’exécutif vient de réduire l’enveloppe financière attribuée à l’agence régionale « Avec » (agence de valorisation culturelle et économique) en charge de l’organisation du dit festival. Officiellement, il s’agit de repenser l’ambition du WIF et d’en redéfinir le contenu. En soi, cette réflexion est recevable, mais pourquoi commencer par tailler dans le budget avant même d’avoir redéfini les missions ??? Ne fait-on pas passer la charrue avant les bœufs comme le dénoncera Stéphane Lajaumont, alors même qu’il n’y avait pas d’urgence à le faire ? En réalité personne n’est dupe : c’est bien la recherche d’économies budgétaires qui est avant tout visée…

Conférence sociale… en Limousin aussi…
Afin de relayer les propositions du gouvernement en matière de lutte contre le chômage, la Région va organiser, à la mi-septembre, une conférence sociale régionale afin de mettre en place, sur deux jours, un dispositif d’accueil incitant les chômeurs à s’inscrire dans une formation dans laquelle une place leur serait garantie. Les élus du groupe, par la voix de Christian Audouin, ont rappelé leur attachement à la lutte contre le chômage mais se sont interrogés sur la pertinence du dispositif : non seulement cela ressemble à une « grand messe » médiatique, pour un coût très élevé (150 000 euros les deux jours !) et dans un cadre renvoyant les chômeurs à leur responsabilité individuelle face à la privation d’emploi… sans jamais questionner le système économique libéral qui les maintient au chômage….

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Entreprise Led to lite /Sylumis (Creuse) : il faut récupérer l'argent public distribué !

La fermeture du site industriel de l'entreprise Led to lite/Sylumis à Mérinchal en Creuse ne doit pas rester sans réponse ! Depuis décembre 2010, environ 100 000 euros d'argent public ont été investis par la Région Limousin et 25 000 au moins par le conseil général de la Creuse. L'entreprise, en 2010, avait fait miroiter 45 emplois sur 3 ans pour pouvoir toucher des subventions des collectivités. On voit ce qu'il en est : les stratégies industrielles ne sont pas de stratégies sociales ! Sylumis fait le choix de regrouper sa production d'éclairage architectural sur Oyonnnax ? Elle doit donc rembourser l'argent public investi par les collectivités limousines ! Et les présidents du Conseil régional du Limousin et du Conseil général de la Creuse doivent utiliser toutes les procédures légales afin de récupérer les sommes distribuées.
Limousin Terre de Gauche a toujours revendiqué la nécessaire conditionnalité des aides publiques à des critères sociaux, environnementaux et démocratiques : l'exemple de Mérinchal montre, une fois de plus, qu'il est urgent que ce gouvernement fasse enfin voter une loi qui interdise aux entreprises de jouer au Monopoly aux dépens de leurs salariés et des bassins d'emplois concernés !

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