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Salauds de pauvres ! Le programme du gouvernement des riches

Publié le par pcf23

La «polémique» dans la majorité sur le RSA tombe bien. Ainsi, au lieu de parler 
de privilèges des riches, on parle des abus des pauvres. Car les pauvres abusent, 
et plus que ça, ils sont même une maladie sociale, porteurs du cancer de l’assistanat. Laurent Wauquiez, auteur de la proposition visant à limiter le « cumul » des minima sociaux à 75 % du smic, aurait été recadré sévèrement par Fillon : « La vocation d’un ministre, ce n’est pas de prendre des initiatives personnelles pour exister ! » Bien sûr, mais Laurent Wauquiez ne 
le savait pas ? Lui qui passe pour l’un des très bons élèves du gouvernement se serait comporté en chien fou dans un jeu de quilles ? On a comme le sentiment qu’il aurait plutôt joué les poissons pilotes ou les demis d’ouverture.

Le Figaro, loin de tacler le « fautif », s’empresse de titrer en une : « RSA, la majorité lance le débat sur l’assistanat. » Et l’un de ses chroniqueurs vedettes, Alain Gérard Slama, d’écrire, ce qui est déjà un programme : « Ainsi le RSA compliqué de M. Hirsch, ex-ministre d’ouverture, finira-t-il par être dans les chaudrons de l’UMP, commué en une idée simple. M. Wauquiez a péché par impatience. Il est seulement prié d’attendre. » En d’autres termes, Laurent Wauquiez a lancé le ballon à suivre. Et ce serait une pure coïncidence si cette charge contre les plus pauvres, ces profiteurs sans scrupule qui attendent tout de la société, arrive au moment où le gouvernement, avec la réforme de l’impôt sur la fortune va alléger de fait l’impôt des plus riches ? À titre indicatif, 5 000 d’entre eux vont payer 20 000 euros de moins et 1 700 30 000 euros. 60 RSA d’économisés pour chacun d’entre eux. Pas mal. Mais à propos, à quel niveau de fortune correspond un tel allégement de la pénible charge fiscale pesant sur nos concitoyens. Plus de 16 millions d’euros pour chacun et donc, avec une calculette, 30 000 RSA. Mais ça, ce n’est pas du cumul, bien sûr, c’est le fruit du travail et essentiellement du travail des autres 
en profits, dividendes et judicieux placements, bref tout ce qui fait cette économie financiarisée dont on feint de se plaindre par ailleurs.

C’est obscène. Et cette réforme de l’ISF, en utilisant la suppression du bouclier fiscal, est une malhonnêteté, une escroquerie politique 
et intellectuelle. Première et emblématique mesure voulue par Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal était devenu le symbole d’une politique plus soucieuse des riches que de ces profiteurs du RSA. Le chèque de 30 millions d’euros à Mme Bettencourt l’avait achevé. Sa suppression étant devenue une mesure de salubrité politique pour
le chef de l’État, la bonne idée était de faire d’une pierre deux coups en allégeant du même coup l’impôt sur la fortune. Un tour de passe-passe, en même temps que l’on détourne l’attention, précisément, vers les plus pauvres.

Mais l’opération RSA n’est pas qu’une diversion. Sa logique est bel et bien de remettre en cause l’idée même d’une telle prestation sociale en même temps que l’on rend les chômeurs responsables de leur situation, que l’on envisage de les contraindre à accepter des travaux dits d’intérêt général qui ne seraient rien d’autre que du travail forcé. Dans le même temps, c’est l’ouverture en fanfare
d’une nouvelle chasse sur les terres du FN contre
les «salauds de pauvres» vivant aux crochets de la collectivité et que l’assistance enrichit. C’est indigne !

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