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Rompre avec l'endettement sur les marchés financiers. Non à "la règle d'or" !

Publié le par pcf23

Il faut impérativement cesser d'encourager les marchés financiers par la fuite en avant généralisée dans l'endettement public auprès d'eux, comme ne cessent de le faire les États-Unis et l'Union européenne aujourd'hui.

Certes, l'intervention de la BCE, lundi, a permis, dans l'immédiat, d'éviter le krach que l'on prédisait après la dégradation, par une agence, de la notation de la dette fédérale des États-unis en écho au relèvement de son plafond pour que Washington puisse continuer de soutenir son effort de guerre, ses énormes dépenses de domination et de gâchis financiers grâce aux privilèges du dollar.

Cependant, le rachat par la BCE de titres de dettes souveraines de l'Italie et de l'Espagne, au delà de ceux de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, ne vise qu'à maintenir la confiance des créanciers privés (banques, assurances, fonds spéculatifs...) le temps que les décisions prises au sommet européen extraordinaire du 21 juillet dernier soient ratifiées par les États de la zone euro.

Ce sera, alors, au Fonds européen de stabilité financière de prendre le relai en amplifiant l'endettement public de la zone euro sur les marchés mondiaux, en rivalité avec celui des États-Unis, avec, pour contrepartie, une casse accrue de l'emploi, des salaires, de la formation, des retraites et de services publics.

Il est urgent de rompre avec cette logique folle qui fait que, désormais, la dette publique mondiale approche les 40 billions (millions de milliards) de dollars, contre 29 500 fin 2007, tandis que la croissance pique à nouveau du nez et que le chômage redouble!

Il faut, au contraire, moyennant une création monétaire nouvelle massive des banques centrales et du FMI, faire reculer la domination des marchés financiers avec, au-delà du remboursement de dettes, un immense effort commun de promotion de l'emploi, de la formation, des salaires, de la protection sociale et des services publics en France, en Europe et dans le monde.

Il devient urgent, en effet, de faire prévaloir, dans les financements, des finalités sociales face aux difficultés considérables qui assaillent les populations, à l'explosion des gâchis financiers et des dépenses de surarmement qui préparent une crise mondiale d'une tout autre ampleur que celle de 2008-2009.

La BCE doit être profondément réorientée dans ce sens, à l'appui des luttes sociales qui, de partout, montent en Europe. Les peuples européens ont tout à gagner, en même temps, à un rapprochement avec les pays émergents et en développement pour contraindre les États-Unis à entrer dans une négociation internationale nouvelle, pour faire reculer le rôle du dollar en promouvant une monnaie commune mondiale, à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, pour un co-développement pacifique de toute l'humanité.

C'est dire si, en France, il faut absolument refuser la prétendue « règle d'or » des finances publiques proposée par Sarkozy, mettre en cause les pactes de stabilité et de compétitivité et, avec un pôle financier public et des fonds publics régionaux, mobiliser un nouveau crédit sélectif pour sécuriser l'emploi, la formation, les salaires, les retraites et une croissance réelle durable. Aucune voix à gauche ne doit manquer pour faire barrage à la règle d'or.

(article paru sur le site web du PCF le 8 août 2011)

 

Voir aussi, pages 2&3, de l'Humanité du 10 août 2011 : le coup de force de la Banque centrale européenne et, page 3, l'entretien de Pierre Laurent avec Lionel Venturini : "il y a un grand mensonge sur les responsabilités de cette crise".

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