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Refondation de l’école et temps libéré pour les enfants

Publié le par pcf23

Contribution de notre camarade Louis Roumilhac au débat sur la refondation de l'école publique.

 

chatelfluideCent cinquante mille (150000) enfants sont victimes de décrochage scolaire et quittent l’école sans formation chaque année.

Le nombre d’élèves scolarisés avant 3 ans a baissé de plus de moitié (254000 en 2001, 111000 en 2010.)

La couverture du pays par les RASED (Réseau d’Aide Spécialisé aux Elèves en Difficulté) et les GAPP (Groupe d’Aide Psycho-Pédagogique) a été remplacée par l’aide personnalisée qui n’apporte rien aux élèves en grande difficulté.

La formation des enseignants malmenée, est devenue inadéquate voire inexistante.

La rémunération des enseignants, selon leur niveau, placent notre pays entre le 13ème rang et le 20ème rang des trente deux pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) concernés.

Dans son rapport « Regards sur l’éducation 2012 », l’OCDE place notre pays seulement dans la moyenne des 37 pays évalués sur l’ensemble des secteurs de l’enseignement.

 

Il est vrai que la refondation de l’école s’impose, mais quelle refondation ?

 

La concertation est commencée, elle serait même déjà achevée ! Elle se déroule, s’est déroulée, au travers de grandes réunions sur le plan départemental où sont invités les différents services de l’Education Nationale, les représentants des collectivités territoriales, les représentants des organisations syndicales et de parents d’élèves et autres organisations (DDEN, etc…). Ces assemblées nombreuses et ouvertes à tous les citoyens, mais peu fréquentées par ceux-ci, permettent aux représentants d’exposer leur point de vue mais excluent la discussion et la recherche d’une solution adaptée au sujet, au problème exposé, non débattu.

Pour avoir une réelle opinion des parents d’élèves, des enseignants, et de simples citoyens, les réunions et débats auraient pu se tenir au niveau du bassin scolaire de chaque collège.

 

Cependant on veut espérer qu’une amélioration des conditions de travail, de formation des enseignants et de suivi des élèves sera prise en compte.

Mais sur l’organisation de la journée, sur la réforme des rythmes scolaires des divergences se font jour.

Ce problème ne peut être abordé qu’en ayant comme objectif le seul intérêt de l’enfant.

Il est cependant nécessaire de prendre en compte le week-end comme source de vie familiale, ainsi que des périodes permettant à la fois une évasion des enfants et de leur famille et le fonctionnement de l’industrie touristique, comme par exemple les vacances d’hiver. Ces données excluent les cours le samedi matin. La semaine devrait donc se dérouler du lundi au vendredi et les vacances de Printemps devraient continuer à s’étaler dans le temps afin que le plus grand nombre d’enfants avec ou sans leur famille puisse participer aux sports d’hiver. Alors la recherche consiste à équilibrer, vacances et temps de travail, en s’approchant des 7 semaines de classe consécutives. S’agissant du temps scolaire s’étalant sur 5 jours, peu importe que la sortie des classes se fasse plus tôt tous les jours ou qu’il y ait 4 journées longues et une journée plus courte le mercredi.

 

Mais que deviennent les enfants après la sortie de l’école vers 15h ?

 

Accueillis par les familles pour celles qui en ont la possibilité, accueillis par des institutions privées, voire d’inspiration religieuses, qui trouveront là le moyen de se renforcer, accueillis par les associations souvent dans le but d’assurer leur propre avenir, accueillis par les communes qui en auront la volonté politique et les moyens ?

Actuellement les thèmes de concertations et les écrits concernant la scolarité des enfants portent essentiellement sur la formation professionnelle.

Aurait-on oublié que l’ouverture à la culture fait partie du développement harmonieux de l’individu ? Au nom de quoi un enfant de famille aisée aurait la possibilité en payant de s’ouvrir à des domaines tels que la musique, le théâtre, le cinéma, les arts plastiques, les activités sportives, etc… alors que l’enfant de famille aux revenus modestes ne pourrait profiter que de garderies dont l’objet principal est de les occuper et les mettre en sécurité en attendant le retour des parents ? Et combien d’enfants seront livrés à la rue ?

Au nom de l’égalité des chances, ces heures de liberté et de culture ne doivent-elles pas être ouvertes à tous les enfants ?

N’est-il pas souhaitable que chaque enfant durant sa scolarité puisse connaître la musique, participer à des ateliers d’arts plastiques, qu’il puisse s’intéresser à son environnement, au monde, afin de pouvoir visiter avec intérêt pays, lieux de culte, en capacité de comprendre pleinement ce qu’il découvre.

J’ajoute même que le temps « hors classe » peut donner naissance à des vocations professionnelles choisies et que les enfants encadrés dans des activités ludiques peuvent prendre goût à l’étude et échapper à la délinquance. S’est-on posé la question du devenir de tous ceux qui seront abandonnés à eux-mêmes ? Ne serait-ce pas le vivier de cette délinquance dont souffre notre pays ?

Ceci impose un grand service de l’enfance travaillant en harmonie avec l’Education Nationale.

Un service de l’enfance porté par des professionnels qualifiés sous la responsabilité de l’Etat, les équipements pouvant être pris en charge par les différentes collectivités territoriales. L’existence, dès le départ d’un tel service en harmonie avec l’éducation nationale, voulu par la loi permettrait grâce à ses performances d’endiguer les services marchands et autres associations privées dont nul ne doute des intentions ; la loi, elle-même, les obligeant à passer contrat avec les services de l’enfance sur leurs objectifs et leurs activités.

Certes cette transformation est un énorme chantier ; mais si l’on veut respecter l’égalité des chances, donner à notre jeunesse à la fois une formation professionnelle et une ouverture culturelle, porteuse des idéaux républicains, si l’on veut promouvoir le respect de l’autre, l’indispensable « vivre ensemble » ; sauvegarder et imposer la laïcité me semble une donnée première. Seule la loi peut en être garante.

La loi sur la refondation de l’école ne peut ignorer le temps libre laissé aux enfants.

 

Louis Roumilhac Le Grand Bourg 23240

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