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Pierre Moscovici : un ministre PS de l’Economie bien introduit dans le monde des affaires

Publié le par pcf23

 

président-des-richesCi-dessous un article des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, paru dans l'humanité du 4 octobre et sur le site web du journal : http://www.humanite.fr/politique/un-ministre-ps-bien-introduit-dans-le-monde-des-affaires-505493

Nous partageons la conclusion des auteurs du livre  "Le Président des riches" quant au risque que les intérêts particuliers l'emportent  sur l'intérêt général dans ce mélange des genres qui favorise des liens entre les industriels et le gouvernement...

 

Le nouveau ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, est en phase avec les réseaux qui comptent. Membre du cercle de l’Union interalliée, à deux pas de l’Élysée, rue du Faubourg-Saint-Honoré, il fréquente aussi Le Siècle, dont les célèbres dîners, réunissant la crème des hommes politiques et des journalistes, ont connu un certain succès médiatique, malgré la discrétion de l’Automobile Club de France qui les accueille place de la Concorde. Lieux de réunion des élites oligarchiques de droite, mais aussi de la gauche libérale, ces instances permettent à des personnalités engagées dans la vie politique de bénéficier de conditions confidentielles de rencontres et d’échanges. Moscovici fut l’un des vice-présidents du Cercle de l’industrie, poste qu’il a sans doute jugé plus prudent de quitter, le conflit d’influence risquant d’être trop flagrant avec ses nouvelles responsabilités. À ce poste, qu’il a occupé de 2004 à 2012, celui qui allait entrer au gouvernement de Jean-Marc Ayrault a fréquenté le grand patronat qui compose l’essentiel de ce cénacle. En juin 2012, le cercle compte 41 PDG ou directeurs généraux, de Christophe de Margerie (Total) à Jean-Cyril Spinetta (Air France-KLM), de Patrick Kron (Alstom) à Guillaume Pepy (SNCF). Le président de cette puissante assemblée est Philippe Varin, par ailleurs président du directoire de PSA Peugeot Citroën. C’est pourquoi la surprise surjouée de Pierre Moscovici, « j’ai ressenti un choc à l’annonce du plan de PSA », a-t-il déclaré, laisse pantois. Six autres membres sont d’anciens dirigeants d’entreprises industrielles comme Louis Gallois, ancien patron (de gauche) de la SNCF et d’EADS ou des hommes politiques comme Jacques Barrot (centriste), aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel, et Gilles Carrez (UMP). Ce Cercle de l’industrie fut fondé en 1993 par Raymond H. Lévy, président de Renault, et par Dominique Strauss-Kahn. Selon l’autoprésentation, que l’on peut consulter sur son site, il « se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique ». a séparation des pouvoirs n’existe pas dans la classe dominante. La collusion entre les élites va de soi. À travers une intense sociabilité, cette classe sociale est la seule à être autant mobilisée, au-delà même de certains clivages politiques, avec, pour point commun, l’adhésion ferme et définitive au libéralisme économique. Les variantes d’orientation ne sont pas sans importance pour les travailleurs, mais un véritable changement de la condition des plus pauvres ne saurait venir d’agents sociaux englués dans la logique du profit capitaliste.

 

Les liens tissés pendant des années entre les membres du Cercle de l’industrie et le nouveau ministre de l’Économie favoriseront certainement les relations entre les industriels et le gouvernement. Ce n’est pas un hasard si Pierre Moscovici a choisi comme conseiller chargé des relations avec les entreprises un ex-dirigeant du groupe Accor, André Martinez, ancien camarade de promotion de François Hollande à HEC. Ce mélange des genres au plus haut niveau est justifié, pour les intéressés, par leur connaissance des grands patrons. Mais la contrepartie négative de cette compétence et de ces relations réside dans la promiscuité avec un monde dont les enjeux vont influer sur les choix politiques où les intérêts particuliers risqueront de l’emporter sur l’intérêt général.

 

 

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