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La malbouffe

Publié le par pcf23

La semaine dernière, parlant de la viande de cheval trouvée dans un plat cuisiné, ma voisine me dit : « Ils vont finir par tous nous empoisonner ! »

Je me suis rappelée que je mangeais couramment de la viande de cheval étant petite et buvait même des ampoules de sang préconisées par la faculté pour fortifier les enfants chétifs.

En fait, le problème n’est pas dans l’improbable empoisonnement à cause du cheval mais dans

1)     le mensonge des étiquettes

2)     le toujours plus de profit dans « l’agrobusiness »

Le mensonge sur les étiquettes c’est le « pur bœuf » des lasagnes quand il y a du cheval.

Mais il y a pire : ces lasagnes sont faites non pas avec de la viande, comme le consommateur pourrait le croire, mais avec du «minerai».

Nouveau mot en cuisine, le minerai c’est ce qui remplace la viande. Sur l’internet on peut lire :

Minerai de viande … dans la terminologie de l'industrie agroalimentaire désigne une masse agglomérée …d'ensembles de muscles et de chutes de viande …y compris les tissus graisseux y attenant, provenant de viandes fraîches découpées et désossées, réfrigérées, congelées ou surgelées.

On veut plus de renseignements et on écoute :

  • Stéphanie Flauto, sous-directrice à la Direction générale de l’alimentation qui dit « Pourquoi ne pas utiliser ces morceaux naturellement produits à la découpe puisqu’ils sont propres à la consommation ? »  
  • Ou bien le Pr Gilbert Mouthon, docteur vétérinaire et, expert auprès des tribunaux. « Mais allez faire un tour dans certains abattoirs à 4 ou 5 heures du matin, quand il n’y a personne… Pour faire plus de “viande”, ils y mettent de tout. » … on peut y trouver des broyats d’os, tendons, nerfs, viscères… et des morceaux souillés… « Même des abcès ! » poursuit le Pr Mouthon.

Il semble que jusque dans les années 1970, cette matière était considérée comme impropre à la consommation et partait directement à l’équarrissage pour être brûlée. Les industriels n’osaient même pas en faire de la bouffe pour les chiens et les chats!

Alors aujourd’hui pourquoi cette récupération, ce minerai ?

Pour faire plus de bénéfice, le prix des bons morceaux n’étant pas le même, que celui du minerai. Une fois cuit, et aromatisé qui perçoit la différence?

Pourquoi du cheval?

Toujours pour faire plus de bénéfice, le prix n’est pas le même là encore !

 

Depuis deux ans, les prix mondiaux du bœuf grimpent, les intermédiaires, bureaux de vente ou courtiers en viande, ont du mal à trouver le minerai de bœuf bon marché que l'industrie leur demande. Alors quand on peut avoir du minerai de cheval à environ 2 euros le kilo, l’industriel n’est pas regardant.

Un matériau à très bas prix d'autant plus intéressant qu'il sera revendu pour un autre nettement mieux valorisé.

 

«Le scandale de la viande de cheval illustre la logique d’un agrobusiness qui croît en écrasant les prix payés aux producteurs et grâce à la spéculation et l’opacité des marchés », estime ainsi Pierre Laurent (Secrétaire national du PCF), reliant l’affaire à la crise qui accable les éleveurs français.

Le message du parti communiste est un message clair à défendre: gagner le droit à une alimentation saine et accessible à tous. Et la seule voie valable pour y parvenir, consiste à réinsuffler de la politique publique dans le système ou, autrement dit, à s’attaquer à la dérégulation sous toutes ses formes.

 

Pour ce qui est de la traçabilité, le PCF a deux propositions. D’abord, en exigeant de rendre obligatoire l’étiquetage de tous les produits alimentaires, y compris transformés. L’Europe s’y oppose, «mais la France peut le faire ; le groupe communiste à l’Assemblée, a déposé une proposition de loi dans ce sens.

En rétablissant, ensuite, des moyens de contrôles réels aux services sanitaires publics.


Marie-Hélène Pouget-Chauvat, secrétaire départementale du PCF en Creuse

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