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Fleur Pellerin ne croit pas à la lutte des classes, précisément dans les PME.

Publié le par pcf23

De reculade en reculade

La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, ne croit pas à la lutte des classes, précisément dans les PME.

 

Dans le Parisien, estimant normal que «des gens puissent s’enrichir beaucoup », elle affirme : « tous les patrons de PME que je rencontre sont en osmose avec leurs salariés ». Fort bien, et s’il s’agit du domaine de la foi, il est assez difficile d’accéder au rationnel. Mais sans vouloir accabler tous les patrons de PME, dont on sait qu’ils sont souvent eux-mêmes soumis aux diktats des grands groupes, on se souviendra peut-être de cette phrase d’Engels selon laquelle « la preuve du pudding, c’est qu’on le mange ». La lutte des classes, les salariés des PME, si l’on ose cette formule, se la mangent tous les jours. Elle s’appelle cadences, pression sur les salaires, conditions de travail, dans certains cas harcèlement et pressions de tous ordres.

La déclaration de Fleur Pellerin, qui ne fait que révéler sa méconnaissance du secteur dont elle a la charge, ce qui est tout de même inquiétant, serait relative si elle était isolée. Mais elle vient, de fait, après un défilé de ministres à l’université d’été du Medef, la reculade du gouvernement devant le complot des « pigeons », le vote avec la droite à l’Assemblée et au Sénat du traité européen élaboré par la droite… En d’autres termes, le gouvernement de gauche, porté au pouvoir par les forces de gauche, semble bien plus réceptif aujourd’hui à ceux qui le combattent qu’à ceux qui le soutiennent. Du coup, les résultats ne se font pas attendre. Voir le Journal du dimanche et le sondage sur le thème: « Et si on revotait aujourd’hui? » Au second tour, ce serait du 50-50. Au premier, Nicolas Sarkozy serait en tête, avec un FN en hausse et un Front de gauche orienté à la baisse. Cela ne fait que confirmer, malheureusement, ce que l’on pouvait anticiper. La déception, à gauche et dans les couches populaires, n’implique en rien un renforcement des forces et des idées de gauche. Elle conduirait, le conditionnel est de mise car rien n’est encore joué, à la fois au retour de la droite et à une nouvelle montée du FN sur la base des frustrations et d’un doute profond sur toute possibilité de changements réels.

Ce constat implique aussi qu’il 
n’y a rien à espérer d’un échec de François Hollande et du gouvernement, mais que le chantier reste entier pour une autre politique. Ce chantier est ouvert. Il l’a été avec 
le score du Front de gauche, dû à la bataille 
de ses composantes dont le PCF. Ce dernier vient de décider de la tenue de son pro­chain congrès. Sans doute, après des échecs successifs et son recul historique, pouvait-on s’interroger sur son avenir et sa raison 
d’être. Pour ce qui est de cette dernière, la violence 
de la crise du capital, la bataille en France de ses tenants 
ne font qu’en souligner l’actualité et la néces­sité. Pour son avenir, il semble qu’il ait dépassé cette crise existentielle en retrou­vant une véritable capacité de mobilisa­tion et de construction politique. De ce point de vue, si l’on comprend bien la démarche qui est désormais la sienne, s’il entend être une force renouvelée, profon­dément démocratique et novatrice, il s’agit aussi pour lui d’ancrer ce renouvellement sur sa vocation et son ambition.

Être avec les salariés, avec la classe ouvrière, avec tous ceux qui créent, avec toutes 
les forces de progrès pour peser à la fois sur la politique 
en cours et mainte­nir bel et bien l’ambition de dépasser 
le capitalisme et la lutte des classes.

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