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Explication du vote des députés communistes et Front de Gauche sur la loi Peillon de refondation de l’école.

Publié le par pcf23

Lire l'intervention de Marie-George BUFFET à l'Assemblée nationale le 11 mars 2013 lors des discussions générales sur "la refondation de l'école".

http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/expressions/pt-refondation-de-l%C3%A9cole-de-la-r%C3%A9publique

 

Lire l'intervention de François ASENSI à l'Assemblée nationale le 19 mars 2013 dont est tirée l'explication de vote ci-dessous.

http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/expressions/pt-refondation-de-l%C3%A9cole-de-la-r%C3%A9publique-0

 

Madame,Monsieur les ministres

Monsieur le Président

Monsieur le Rapporteur

Cher-e-s collègues,

 

L’école de la République a su ouvrir à des générations de filles et de garçons l’accès aux connaissances quel que soit le milieu social dont ils étaient issus, elle a, ainsi, participé aux avancées humaines et sociales dans notre société en permettant l’essor de l’intervention populaire.

Mais, aujourd’hui, notre école n’arrive plus à dépasser les  inégalités sociales et territoriales. Elle a été, depuis dix ans, malmenée par la droite à coup de RGPP, de dénigrement des équipes éducatives.

L’école a besoin d’une rupture forte avec ces politiques libérales alors que nous avons besoin de privilégier d’abord l’humain. Aussi, je veux vous redire mon espoir, monsieur le Ministre, dans l’affirmation d’une nouvelle ambition pour l’école : sa  refondation afin d’assurer la réussite de toutes et tous.

En ce sens, je me félicite de  la création des Ecoles Supérieures du professorat et de l’éducation marquant le retour à une  formation professionnelle des maîtres.

La  création de 60 000 postes devrait permettre d’assurer cette formation, d’avoir « plus de maitres que de classes » dans le premier degré et d’améliorer, je l’espère, les remplacements dans les territoires les plus tendus.

L’école maternelle voit ses missions revisitées, l’accueil à deux ans est confirmé pour les zones prioritaires.

Un service public du numérique éducatif est créé.

Le débat, et nous y avons contribué, a permis d’enregistrer un certain nombre d’avancées au regard du projet initial. Les RASED sont confortés,  l’enseignement artistique est clairement intégré au cursus scolaire, le rectorat garde un droit de regard sur les filières professionnelles.

 

Mais, le chantier, ce projet de loi, ne va pas au bout et, faute de travaux supplémentaires, la refondation revendiquée risque d’être  fragilisée.

Nous avons certes, débattu de la précarité que connait aujourd’hui nombre de personnels de l’Education nationale. Les questions de formation, de validation des acquis et de titularisation que j’ai soulevées, sont renvoyées à un comité de suivi, créé en dernier article de la loi. Un comité de suivi qui, vu tous les dossiers dont il s’est vu chargé au long de nos débats, va devoir déployer une très grande énergie, à moins d’être considéré comme une voiture balai !

Je  déplore également que nous n’ayons pas avancé sur un véritable pré-recrutement des enseignants. Certes, les emplois «avenir professeur» se mettent en place, mais leurs contrats  relèvent du droit privé. Si nous voulons durablement revaloriser la profession et engendrer de nouvelles vocations, il faut aller plus loin sur le statut et la rémunération.

 

Monsieur le Ministre votre projet de loi donne la priorité au premier degré, ce choix est juste. On sait que c’est à ce niveau que les difficultés apparaissent et qu’il est possible d’y remédier.

Vous avez annoncé, pour plus tard, d’autres réformes traitant du secondaire alors que nous allons  débattre d’un projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche ? Je regrette que ce projet de loi ne traite pas de la refondation des contenus et des missions  tout au long d’une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans permettant une nouvelle étape de la démocratisation de notre système éducatif.

Cela, nous aurait permis de lutter plus globalement contre l’orientation précoce, d’accompagner tous les élèves vers une culture commune de haut niveau. Un haut niveau de connaissances et de compétences indispensable, demain,  à leur bien-être d’homme et de femme, dans leur vie personnelle comme dans leur citoyenneté et leur travail. Une culture commune plutôt qu’un socle commun, comme la loi Fillon, hélas maintenu.

Cela nous aurait également permis de traiter de la filière professionnelle autrement qu’à travers sa régionalisation en parlant qualifications et métiers. Vous nous avez dit, monsieur le Ministre, votre vision d’un enseignement professionnel exigeant en matière de culture générale, intégré aux autres filières, pourquoi ne pas y travailler dès ce projet de loi !

Une dernière remarque sur les conseils nationaux mis en place sur les programmes et l’évaluation, j’espère que vous donnerez suite à votre engagement de mieux y associer enseignants et parents.

 

Monsieur le ministre,

 

C’est un mieux d’école qu’il faut pour tous les élèves !

 

Nous devons permettre à toutes et tous d’acquérir un maximum de connaissances afin de pouvoir construire un  projet d’avenir à égalité.

N’ayons pas peur face à l’immensité du chantier.

Les mobilisations des enseignants et des parents, comme celle du 6 avril devrait nous inciter à franchir tous les obstacles d’ici le vote définitif  en deuxième lecture.

Dans cet objectif, les parlementaires du Front de gauche vont continuer à travailler sur ce projet de loi.

Aussi, Monsieur le Ministre, nous allons, aujourd’hui nous abstenir. Cette abstention est un  appel clair à poursuivre avec audace, le travail pour une pleine refondation de l’école !

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