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Discriminations territoriales, SOS quartiers populaires

Publié le par pcf23

Venue des territoires, grands ou petits, mais surtout de plus en plus pauvres, remonte une inquiétude de moins en moins sourde et d’autant plus urgente que cette « crise dans la crise » accélère ce que nous pouvons appeler désormais des « fractures territoriales ».

Pour bien se faire comprendre et ne pas évoquer uniquement les communes, pre­nons l’exemple simple et presque absurde de la Seine-Saint-Denis. Dressons le cons­tat : lorsque le président 
du conseil géné­ral du 9-3 commence à établir son budget annuel, il dispose de 440 millions d’euros de moins que le conseil général voisin des Hauts-de-Seine. À quoi sont alors con­frontés les élus ? À la réalité concrète et mortifère de la fracture sociale de leurs banlieues, de leurs zones périurbaines ou rurales, et avec elle, à la radicalisation des difficultés socio-économiques de leurs ter­ritoires.

Dans un pays où près de 9 millions de per­sonnes vivent sous le seuil de pauvreté, Sevran (un cas popularisé par la grève de la faim de son maire) n’est pas un cas isolé. Grigny, Guéret, Allonnes, Villeta­neuse, Clichy-sous-Bois, tant d’autres vil­les intégrées dans des métropoles connais­sent le même désengagement financier de la part d’un État qui porte, pourtant, une lourde responsabilité dans les difficultés qu’elles rencontrent…

SOS quartiers populaires ! 
La paupérisa­tion galope. Le taux de chômage dépasse
 les 40 %. Un gamin sur deux est en échec scolaire. 
Et les solidarités sociales s’épui­sent à force de cogner dans le désastre… Dans certains endroits, la République semble avoir déserté, terrassée par on ne sait quelles guerres de classes discrimi­nantes. Là où les dépenses publiques et sociales ont historiquement permis de faire face, tant bien que mal, lors des cri­ses de 1974, 1982, 1992, le cadre général actuel des finances publiques, marqué par la dictature austéritaire, affaiblit les tradi­tionnels « amortisseurs sociaux » de la société française. 


Et les prévisions ne laissent apparaître que du sombre. D’abord le gel des dotations d’État aux collectivités pour 2013, autre­ment dit, une baisse en euros constants. Puis, en 2014 et 2015, ce que l’on peut d’ores et déjà considérer comme des réductions drastiques. Les cris d’alarme doivent donc être entendus. Non seule­ment les timides corrections dans les dis­positifs complexes et mal adaptés de péréquation ne suffisent pas, mais le temps 
est venu de remettre à plat les dispositifs de concours 
de l’État et de redistribution des richesses.

Pour lutter contre les discriminations terri­toriales et rétablir l’égalité – ce à quoi pré­tend le gouvernement –, les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer durable­ment la question des écarts de moyens dédiés à l’action publique…

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