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DETTE PUBLIQUE : COMPRENDRE POUR POUVOIR RIPOSTER

Publié le par pcf23

Ci-dessous une analyse, concernant la dette publique, d'Alain Roudier (conseiller départemental de la fédération 23 du PCF) :

 

Le pouvoir et les forces libérales en France et dans l’Union Européenne ont imposé aux peuples la déréglementation de nos législations et de notre économie. Ils prétendaient « maîtriser la crise », « refondre le capitalisme », « brider les pratiques spéculatives ». Ils ont échoué mais ils continuent dans la même voie.

Pour mieux masquer la réalité des responsabilités, voire étouffer l’espoir d’une alternative, ils veulent imposer « la règle d’or » ; cette crise financière, l’importance de la dette publique résultent de choix politiques destinés à accroître la part des richesses au profit d’une minorité. D’autres choix sont possibles pour arrêter la spéculation, se libérer des marchés, sortir des impasses de l’austérité.

Pour beaucoup de camarades et de citoyens qui s’interrogent, il est important de répondre à la question fondamentale : d’où vient la dette publique ?

La dette publique, c’est l’addition de la dette de l’État, de celle des collectivités locales et de la sécurité sociale ; la dette publique française s’est envolée à partir de la fin des années 1970 avec le recours de plus en plus systématique aux marchés financiers. (1974 : 14% du PIB ; 36% en 1983 ; 60% en 1998 ; 79% en 2009 ; 82,3% en 2010, soit 1591 milliards d’euros). Entre 1978 et fin 2009, la seule dette de l’État a été multipliée par 25. Avec 50 milliards d’euros, la charge d’intérêts de la dette est devenue le troisième poste du budget. Tous les pays avancés ont connu un tel phénomène. (En 2011, la dette publique des États-Unis a dépassé 100% du PIB ; au Japon, elle était à 197% du PIB en 2010).

Pourquoi cette explosion de la dette publique ?

  • Le choix de recourir aux marchés financiers : c’est une obligation faite, aujourd’hui à l’État d’emprunter au privé alors qu’auparavant l’État pouvait emprunter directement et sans intérêt auprès de la Banque centrale. Cette possibilité, perçue comme un manque à gagner par les banques, a été interdite au profit de l’endettement sur les seuls marchés financiers (banques privées, sociétés d’assurances, fonds divers) qui se sont, ainsi, « gavés » grâce à la dette publique.

  • La réduction des prélèvements obligatoires : d’une part, la part des richesses produites dans les entreprises a été de plus en plus accaparée par les prélèvements financiers (intérêts et dividendes) ; d’autre part, au nom de la compétitivité, les gouvernements ont réduit la part des richesses allant aux prélèvements obligatoires (impôts et cotisations), diminuant ainsi le financement des services publics et de la protection sociale.

  • Le coût de la crise : en 2008-2009, l’endettement privé (banques, ménages, entreprises) accumulé depuis des années, en contrepartie de spéculations boursières et immobilières, est devenu gigantesque. Le sauvetage des banques va transformer ces dettes privées en dettes publiques. « Privatiser les profits et socialiser les dettes », c’est la devise des politiques libérales.

La BCE a refinancé les marchés financiers en injectant des liquidités, sans contreparties utiles au développement social. Cela a permis d’éviter la récession, mais avec une croissance très insuffisante, très peu d’emplois, du chômage et une lourde pression sur les salaires. Par contre, les profits financiers et la spéculation sont repartis à la hausse.

L’enjeu pour nous, c’est de ne pas nous laisser imposer des choix dont nous ne voulons pas. La mobilisation, l’implication de chacun seront déterminantes. C’est l’ambition que se donnent les communistes avec le Front de Gauche.

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