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COMPTE RENDU DE LA SEANCE PLENIERE DU CONSEIL REGIONAL DU LIMOUSIN DU 20 DECEMBRE 2012

Publié le par pcf23

 COMPTE RENDU DE LA SEANCE PLENIERE DU CONSEIL REGIONAL DU LIMOUSIN DU 20 DECEMBRE 2012  : 1ère partie

(dans la seconde partie, d'ici quelques jours, vous pourrez lire nos interventions concernant le budget de la région Limousin)

 

Budget 2013: l’austérité pointe son nez

limousin_pleniere.jpg


Séance marathon pour les conseillers régionaux : commencée à 9H30, cette dernière séance plénière de l’année s’est achevée peu après 19 heures. Il faut dire que près d’une centaine de rapports étaient à l’ordre du jour, consacrés pour l’essentiel aux lignes du budget primitif 2013. Les élus Limousin Terre de Gauche ont réitéré les remarques et appréciations qu’ils avaient faites lors du débat d’orientations budgétaires en octobre. Ayant par ailleurs déposé plusieurs vœux, ils ont déploré que les élus socialistes aient refusé de votre celui demandant au gouvernement d’inscrire à l’ordre du jour de la session parlementaire un projet de loi relatif au vote et à l’éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locales.

Au programme de ce long compte rendu, en deux parties. Seule la première partie figure ci-dessous

1ère partie :

I) Intervention liminaire de Christian Audouin au nom du groupe Limousin Terre de Gauche

II) Vœux (=motions) présentés par le groupe Limousin Terre de Gauche au conseil régional du Limousin

• Vœu relatif au droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locale. REJETÉ et le PS ne sort pas grandi de ce débat !
• Vœu relatif à la réduction envisagée d'effectifs et de moyens à France Bleu Creuse et Tulle : ADOPTÉ
• Vœu relatif à l’amélioration de la RN147 entre Limoges et Poitiers : ADOPTÉ
• Vœu relatif aux licenciements dans les groupes qui versent des dividendes à leurs actionnaires : revu et partiellement adopté
• Vœu relatif à la mise en place d’un Pass contraception : ADOPTÉ
• Vœu relatif à la suppression du « jour de carence » dans la fonction publique :ADOPTÉ



I) Intervention liminaire de Christian Audouin

(Conformément à notre accord politique, après Stéphane Lajaumont pour la Gauche Anticapitaliste en juin et Laurence Pache pour le Parti de Gauche en octobre, c’était au tour de Christian Audouin, pour le Parti Communiste d’intervenir)

Le budget régional porte l’empreinte des politiques austéritaires nationales et européennes. Le dispositif sarkozyste du gel des dotations de l’Etat est reconduit par le nouveau gouvernement. La réforme de la péréquation inter-régionale est elle aussi mise en œuvre par le gouvernement Ayrault. Elle va coûter 2 millions d’euros au Limousin. Au nom de quoi devrions-nous accepter ce que nous avons ensemble condamné hier ? La présidente du conseil général de la Haute Vienne sera sans doute étonnée que je la cite, mais de ma part c’est sans arrière-pensées. Devant les présidents des communautés de communes, elle a récemment déclaré : « j’ai combattu les baisses de dotation sous la droite, je les combattrai encore s’il le faut sous un gouvernement de gauche ». Bienvenue en résistance, et surtout rendez-vous avec les actes, le moment venu !

joyeux_budget.jpgCette crise des investissements publics locaux, pourtant en charge de 73% de la globalité des investissements publics en France, se manifeste à l’échelle des régions, des départements et des communes, tous contraints d’agir sous le mode de la rigueur et de l’austérité. Cette crise nourrit la récession économique générale, marquée par la casse des emplois industriels, à l’exemple du plan scandaleux de restructuration du groupe Albany (dont nous exigeons le retrait), ainsi que par la régression des chiffres d’affaire et des investissements d’une majorité de PME. Cette récession télescope la part de dynamique qui pourrait subsister dans les budgets des collectivités territoriales. Les maitres d’ouvrage publics et privés deviennent sensiblement moins nombreux dans nos territoires comme ailleurs.

Cependant, le pire est encore devant nous, au regard des orientations politiques nationales. Vont s’appliquer les règles de gestion définies par le traité Merkel-Sarkozy approuvé par le Président de la République et sa majorité parlementaire. C’est ainsi que le gel des dotations de l’Etat aux régions sera suivi de diminution à compter de 2014. Comment notre région va-t-elle pouvoir supporter les nouvelles chutes de ressources ? Elle ne pourra pas recourir indéfiniment à l’augmentation de la charge d’emprunt, comme elle le fait pour 2013, d’autant que depuis le lancement de l’emprunt obligataire, la région Limousin est sous étroite surveillance des agences de notation ? En même temps, l’Etat va poursuivre sa course effrénée vers le 0% de déficit en 2017 et vers une économie de dépenses publiques de 60 milliards d’ici la fin du quinquennat. Nous désapprouvons à l’avance les prochains budgets de la région qui s’inscriraient dans ce contexte insensé.

Le Président de la République déclare vouloir être jugé sur le bilan de son action dans 5 ans. C’est une règle normale en république. Mais qu’en sera-t-il du pouvoir d’achat, de l’emploi, des services publics, de la croissance si les choix actuels ne sont pas sérieusement infléchis ? On nous dit aussi que les mesures d’austérités sont accompagnées d’une juste répartition des sacrifices. Ce n’est pas vrai. Par nature, l’austérité produit des injustices : quelques centimes pour le smic, des milliards de profits pour les actionnaires des grandes entreprises, des retraites-chapeau, des parachutes dorés, des dividendes de complaisance pour les grands patrons que ne vient atténuer aucun dispositif législatif… On nous dit que « l’on fait ce qu’on peut dans la réalité telle qu’elle est ». A ce fatalisme, Michaël Moglia, conseiller régional du Nord- Pas- de- Calais, démissionnaire du Parti Socialiste, répond dans une lettre à Harlem Désir avec des mots que je fais miens : « De deux chose l’une, soit il n’y a qu’une seule politique à mener, que l’on soit de droite ou gauche, soit une autre politique est possible, et dans ce cas, qu’attendez-vous pour changer de stratégie ? ».

Mécontentement et colère gagnent du terrain. Si l’on ne gouverne pas qu’avec de la popularité, il n’est pas moins indispensable de prendre en considération la chute vertigineuse de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault dans les sondages, afin d’en tirer des enseignements utiles. Si des élections législatives partielles ne valent pas des législatives générales, on ne peut se passer de l’analyse des résultats des 3 récentes élections législatives partielles marquées par la double victoire des abstentionnistes et de la droite UMP-Centriste. Il convient aussi de noter que s’il ne régresse pas, le Front de Gauche ne bénéficie pas de l’effondrement des scores socialistes. Selon une vieille règle toujours à l’œuvre, lorsque les résultats globaux de la gauche régressent électoralement, c’est toutes ses composantes qui sont tirées vers le bas. Pourtant, une opportunité électorale était créée par le spectacle affligeant des déchirures au sein de l’UMP, et par l’évolution des orientations politiques du parti de droite caractérisée par le succès de la motion pilotée lors du vote des adhérents UMP par Buisson, poisson pilote d’une course à l’échalote avec l’idéologie et les positionnements du Front National. Quelles leçons tirer pour le parti socialiste, sinon que sa politique sociale libérale le fait perdre sur les deux tableaux : sur sa droite par la validation de la politique de Sarkozy découlant de l’adoption du traité Merkel-Sarkozy ; sur sa gauche par le renoncement aux réformes sociales et économiques pour le changement.

voeuxhollande.jpgLes 4 millions de suffrages qui se sont rassemblés sur la candidature du Front de Gauche à l’élection présidentielle, et qui ont permis l’élection de François Hollande au second tour, n’ont pas voté pour ça. Si lors du débat télévisé entre les deux tours, François Hollande avait déclaré : « Moi, Président de la République, je signerai le traité Merkel-Sarkozy sans le renégocier « il n’aurait pas été élu ! S’il avait déclaré : « Moi, élu Président de la République, je ferai voter un crédit d’impôt, financé en partie par la TVA sociale, d’un montant de 20 milliards dont bénéficieront Mittal, les compagnies d’assurances, les banques… », Il n’aurait pas été élu ! S’il avait déclaré : « Moi, élu Président de la République je prolongerai la RGPP par la MAP », il n’aurait pas été élu ! S’il avait déclaré : « Je ne prévois pas de faire voter une loi pour l’interdiction des profits boursiers, ni même une loi, comme je l’avais annoncé, obligeant les groupes industriels à trouver un repreneur pour les sites de production dont ils prévoient de se débarrasser », il n’aurait pas été élu ! Ceci explique cela : à Florange c’est l’absurdité contraire qui s’est produite puisque que Mittal a osé donner au gouvernement un délai de deux mois pour qu’il trouve lui-même un repreneur. Aujourd’hui, Mittal a officialisé l’abandon des deux Hauts-Fourneaux Lorrain ! Le démantèlement industriel de la France se poursuit avec la même intensité et la même facilité qu’auparavant. Voilà où conduit le renoncement au changement pourtant annoncé pour « maintenant ».

Terre de Gauche, comme le Front de Gauche au plan National, ne mise pas, pour l’avènement du changement à gauche, sur l’échec de la majorité présidentielle. Par exemple, les députés communistes et Front de Gauche avaient approuvé le collectif budgétaire adopté au cours de l’été, en dépit de ses insuffisances, mais partant du fait qu’il indiquait la bonne direction pour la justice fiscale et une plus juste répartition des richesses produites. Autre exemple : notre groupe a voté le dispositif de relance de croissance proposé par l’exécutif régional lors de la précédente séance plénière. Mais il est clair que nous sommes aujourd’hui en désaccord avec les orientations et les décisions austéritaires actuelles du gouvernement. Nous réclamons l’abandon de l’austérité et, notamment, le vote de la loi de réforme fiscale annoncée par le candidat François Hollande, fondée sur l’idée d’une fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu afin, notamment au travers d’une réorganisation du système des tranches d’imposition, fournir à l’Etat et aux collectivités de nouvelles ressources. Une telle réforme prendrait le contre- pied d’une politique d’austérité qui mine la croissance par l’affaiblissement des demandes de consommation et d’investissement. L’austérité est bien le moteur de la récession. Une deuxième réforme stratégique, qui devrait être indissociable de la réforme fiscale, concerne la création d’un pôle public de financement de l’investissement productif, notamment afin d’assurer le développement des PME en lien avec le développement des filières territoriales et régionales. Nous réclamons des infléchissements budgétaires significatifs qui s’inscriraient dans une résistance régionale à l’austérité. Ainsi, il pourrait être procédé à certaines modifications du volet dépenses. Nous demandons un accroissement des investissements dans les lycées, à la baisse depuis plusieurs années. Nous proposons de cesser l’attribution d’aides économiques aux sociétés multi nationales pour lesquelles les aides régionales ont des effets d’aubaine, y compris dans le cadre des projets collaboratifs associant des laboratoires de recherche implantés en Limousin. Par ailleurs, nous proposons que les 6,5 millions inscrits au budget 2013 pour notre contribution à la LGV Tours-Bordeaux, soient annulés et utilisés pour des dépenses intéressant directement des investissements intra-régionaux.

En conclusion, et en guise de bons vœux pour l’année nouvelle, permettez-moi un petit retour en arrière au meeting électoral de François Hollande au Bourget. Le candidat socialiste y avait déclaré : « Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présente jamais sa candidature. Il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ». Que le Président de la République revienne au moins au niveau du candidat du Bourget. L’avenir, pour lui et pour nous, s'en trouverait rétabli.


 



II) Voeux déposés par le groupe Limousin Terre de Gauche

 Le groupe avait déposé six vœux. Certains ont été adoptés, d’autres ont été fondus dans un texte commun, un (droit de vote des étrangers aux élections locales) a été rejeté par les élus socialistes.

1) Vœu relatif au droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locales. REJETÉ et le PS ne sort pas grandi de ce débat !

droitdevote.jpgConsidérant que l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’assemblée générale des Nations Unie en décembre 1948 proclame que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».

Considérant qu’à ce jour de nombreux pays de l’Union européenne (Danemark, Pays-Bas, Finlande, Irlande, Belgique, Luxembourg, Estonie, Lituanie, République Tchèque, Slovénie) ont adopté des législations accordant le droit de vote à leurs résidents étrangers.

Considérant que la France est l’un des états européens qui possède une législation les plus restrictives en matière de droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locales.

Considérant que depuis 1992, le droit de vote est accordé aux résidents étrangers issus des états membres de l’Union européenne créant ainsi une discrimination à l’égard des résidents étrangers non communautaires.

Considérant qu’une loi en ce sens avait été votée par la gauche au Sénat en décembre 2011 et que cette mesure était au programme –proposition 50- du futur Président de la République

Considérant que les hommes et femmes impliqués dans la vie économique, sociale, culturelle, associative des territoires doivent pourvoir participer aux grandes décisions qui engagent leur avenir et celui de leurs enfants.

Considérant que reconnaitre le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales s’inscrit dans la nécessaire conquête de l’égalité des droits pour tous, quelle que soit la nationalité, et contribue à renforcer les valeurs d’égalité, de fraternité et de liberté qui sont le ciment de notre République.

Le Conseil régional du Limousin, réuni en séance plénière le jeudi 20 décembre 2012 :

- se prononce en faveur du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locales

- demande au gouvernement d’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine session parlementaire un projet de loi instaurant ce droit.

Ce vœu n’a pas été adopté, le PS refusant de l’appuyer alors que les élus Europe Ecologie les Verts et ADS/MEL l’ont approuvé. Il a donné lieu à un débat passionné ou les élus socialistes, malgré leurs dires, étaient très mal à l’aise. Parmi les arguments employés en commission ou en séance plénière pour retoquer ce voeu: "cela fait monter le FN" et que, "comme au Parlement il n'y aurait pas les 3/5e des voix nécessaires à son adoption, il ne faut donc pas mener le combat maintenant"... "Perdre risquerait de nous ramener 15 ou 20 ans en arrière".... Courage fuyons !!! Ils étaient prêts à le voter à condition d’enlever le dernier considérant, ce que nous avons bien sûr refusé.

2) Vœu relatif à la réduction envisagée d'effectifs et de moyens à France Bleu Creuse et Tulle : ADOPTÉ

radiofrance.jpg« Considérant la suppression envisagée à France Bleu Creuse d'un poste de journaliste, la réduction de 17 % du budget consacré aux CDD (contrats à durée déterminée), celle du nombre d’heures d’accueil du public et les menacent qui pèsent également sur le service technique et l'animation.

Considérant que, si elles étaient confirmées, ces annonces auraient pour conséquences directes la suppression d’un certain nombre d’émissions et de magazines, réduisant ainsi très sensiblement les capacités de France Bleu Creuse à rendre compte de l’actualité locale.

Considérant que, avec un taux d’audience cumulée de près de 30 %, France Bleu Creuse est la station la plus écoutée du réseau France Bleu, et contribue à ce titre à tisser des véritables liens sociaux dans un département à faible densité de population.

Considérant que France Bleu Creuse réalise par ailleurs une centaine de reportages diffusés dans des journaux de France Inter, France Info, ou France Bleu National, permettant ainsi aux Creusois de se faire entendre sur les antennes nationales

Considérant que ces décisions s'inscrivent dans une politique globale d'économies budgétaires à Radio France, qui se traduit notamment par des redéploiements de postes au sein de France Bleu, au détriment des structures les plus petites, en particulier celle implantées en zones rurales.

Considérant que ces redéploiements risquent d’affecter en Limousin non seulement France Bleu Creuse mais aussi la micro locale de Tulle pour laquelle, si aucune annonce n’a encore été faite, une réflexion en ce sens est en cours.

Le Conseil régional du Limousin, réuni en séance plénière le jeudi 20 décembre :

- apporte son soutien aux salariés de France Bleu Creuse et à ceux de la micro locale de Tulle inquiets de l’avenir de leurs emplois et de leurs antennes.

- demande au président de Radio France de mettre fin aux réductions de moyens affectés aux antennes locales en zones rurales qui remplissent une véritable mission de service public. »

(Vœu adopté à l’unanimité)

3) Vœu relatif à l’amélioration de la RN147 entre Limoges et Poitiers : ADOPTÉ

rn147.jpgConsidérant que le désenclavement du Limousin, indispensable à son développement économique, a toujours été une des préoccupations majeures de l’action régionale

Considérant que la RN 147 qui relie deux capitales régionales, Limoges et Poitiers, reste pour une large part, notamment dans sa partie haut-viennoise, largement inadaptée au trafic.

Considérant que depuis plus de vingt-cinq ans, sur son tracé haut-viennois, en dehors de la déviation de Bellac, aucune amélioration conséquente n’a été réalisée.

Considérant que des travaux urgents de sécurisation s’imposent et cela d’autant plus que son trafic, en particulier poids lourds, s’accroît.

Considérant que ce caractère urgent des travaux avait été souligné lors de l’élaboration du contrat de plan Etat – Région 2000 / 2006.

Considérant qu’il appartient à l’Etat d’assumer ses responsabilités en terme d’amélioration du réseau routier et d’aménagement du territoire

Le Conseil régional du Limousin, réuni en séance plénière le jeudi 20 décembre demande à l’Etat, de procéder à des opérations de mise en sécurité de cet axe national.

(Adopté à l’unanimité des votants, la droite ne prend pas part au vote)

4) Voeu relatif aux licenciements dans les groupes qui versent des dividendes à leurs actionnaires : revu et partiellement adopté

bourseouvie.jpgConsidérant la progression continue de la courbe du chômage, portant le nombre officiel des sans emploi à plus de 3,1 millions fin octobre pour la catégorie A et près de 5 millions pur l’ensemble des catégories, en hausse de 10,6% en un an.

Considérant que des milliers d'autres salariés sont aujourd'hui menacés par des plans de licenciements, en premier lieu dans l'industrie ; que le Limousin n’est pas épargné comme le montre la situation à Albany (Saint-Junien), Eiringklinger-Meillor (Nantiat), Crown Emballages (Brive) où des plans « sociaux » sont en cours ou programmés.

Considérant que ces licenciements sont très souvent justifiés par la volonté des actionnaires de conserver des marges de profit nécessaires au maintien ou à l’augmentation des dividendes qui leur sont versés.

Considérant que le montant des dividendes versés aux actionnaires a été multiplié par vingt en trente ans et dépasse depuis 2003, celui des investissements réalisés dans les entreprises.

Considérant que le 16 février 2012, la majorité des sénateurs de gauche avait voté une proposition de loi afin de mettre un terme aux licenciements boursiers.

Considérant l’engagement du candidat à la présidence de la République François Hollande de, au travers de sa proposition 35, légiférer pour « dissuader les licenciements boursiers »

Au regard des éléments exposés, du nombre de chômeurs recensés par les dernières statistiques, de la gravité de la précarité frappant notre pays, de la destruction qui menace des milliers d’emplois et du redressement industriel qui doit mobiliser la puissance publiqu

Le Conseil régional du Limousin, réuni en séance plénière le jeudi 20 Décembre 2012 demande au Président de la République, au gouvernement et à la représentation nationale de légiférer afin d’interdire les suppressions d’emplois dans les entreprises ayant versé des dividendes aux actionnaires lors des deux exercices précédents.

Ce vœu n’a pas été soumis au vote car il ce sujet a fait l’objet d’un compromis avec un autre vœu déposé par le groupe socialiste. Le texte commun reprend certaines de nos formulations mais est beaucoup moins incisif dans sa conclusion demandant «au gouvernement de poursuivre la négociation au niveau national interprofessionnel avec les partenaires sociaux, afin de définir les conditions d’une meilleure sécurisation de l’emploi et d’inscrire rapidement dans la loi les mécanismes rendant possible l’interdiction de tels licenciements ». Une conclusion loin d’être renversante pour un texte que nous avons cependant choisi de voter y voyant là un premier pas des élus PS, qui reconnaissent (enfin, même si c’est timoré !) la nécessité de passer par la loi pour contraindre les grands groupes. A suivre …

5) Vœu relatif à la mise en place d’un Pass contraception : ADOPTÉ

passcontraception.jpgEn Limousin comme ailleurs, l’accès à la contraception pour les jeunes, à la fois à Limoges où le planning familial est fermé et dans les territoires ruraux de la région, est parfois difficile. Pourtant la nécessité de mener une politique de santé publique à même de réduire les risques liés aux MST, et les grossesses non désirées n’est plus à démontrer. Créer les conditions d’un accès égalitaire à une prévention suivie est donc souhaitable.

Si les politiques menées en ce sens ont eu des effets réels, notamment sur l’utilisation du préservatif lors des premiers rapports sexuels, force est de constater que cet accès à la prévention reste encore largement inégalitaire entre les générations, entre hommes et femmes, selon le niveau d’éducation (certaines femmes restent en retrait de la diffusion massive des moyens de contraception). Il faut multiplier les actions de prévention visant à modifier les déterminants sociaux des pratiques préventives mais également favoriser un accès facilité pour les jeunes à l’offre contraceptive. S’ils peuvent facilement recourir aujourd’hui de façon gratuite et anonyme à la contraception d’urgence et à l’IVG –même si les délais d’attente sont trop longs-, l’accès à une contraception régulière est en effet plus problématique.

Alors que la loi garantit un accès autonome des jeunes à la contraception, pour lequel le consentement parental n’est plus requis, ce droit leur est de fait dénié puisqu’ils lorsqu’ils doivent faire appel à la couverture sociale de leurs parents. Par ailleurs, l’’hétérogénéité des coûts des contraceptifs et le non remboursement de certains par l’Assurance maladie limitent cet accès à la contraception. Des Régions, comme Poitou-Charentes ou Ile-de-France, ont mis en place des dispositifs « Pass Contraception » qui, selon des modalités voisines, favorisent le parcours d’autonomie des jeunes en les sensibilisant aux comportements à risques et en leur offrant un accès anonyme et gratuit à l’ensemble des modes contraceptifs existants sur le marché, remboursés ou non par la sécurité sociale, ainsi qu’aux démarches médicales nécessaires.

Le Conseil Régional, réuni en séance plénière le jeudi 20 décembre, demande au gouvernement d'harmoniser et d'étendre à tous ces différents dispositifs en les regroupant en un dispositif unique financé par l’Assurance maladie, permettant offrir aux jeunes l'accès à une consultation et à la délivrance d’un mode contraceptif, avec suivi médical.

(Adopté à l’unanimité des votants, la droite ne prenant pas part au vote)

6) Vœu relatif à la suppression du « jour de carence » dans la fonction publique : ADOPTÉ

carence.jpgConsidérant que depuis le 1er janvier 2012, les agents de la Fonction publique dont l’état de santé nécessite un arrêt de travail, se trouvent lourdement pénalisés par l’application dune disposition qui prévoit la non rémunération du premier jour de congé pour « maladie ordinaire ».

Considérant que, selon les termes même de la motion adoptée à l’unanimité par le CTP de la région limousin en décembre 2011, cette disposition injuste « a pour effet de pénaliser les agents malades en leur faisant perdre une journée de salaire, au risque de conduire certains, en particulier ceux qui sont les moins rémunérés, à renoncer à leur congé de maladie, mettant en péril leur santé ».

Considérant le nouveau vote intervenu à l’unanimité lors de la réunion du CTP du vendredi 14 décembre 2012.

Considérant que cette analyse est toujours pertinente dans un contexte de difficultés croissantes des agents de la FPT (qui appartiennent à près de 80% à la catégorie C) qui voient leur pouvoir d’achat amputé.

Considérant que, au cours de neuf premiers mois de l’année, 839 agents de la Région, malades, ont perdu de ce fait 1,6 jour de salaire en moyenne.

Le Conseil régional Limousin, réuni en séance plénière le jeudi 20 décembre demande instamment au nouveau gouvernement de mettre fin à cette disposition injuste.

(Alors que nous avions proposé au groupe PS d’établir un vœu commun, reprenant ce que les représentants du personnel avaient voté lors d’un comité technique paritaire six jours plus tôt, le PS a choisi d’en présenter un à part… qu’il a donc fallu fusionner avec le nôtre… ce n’était pas difficile… puisqu’à quelques mots près, ils étaient identiques ! (ce texte a donc été voté par tous à l’exception de l’UMP qui n’a pas pris part au vote)


La seconde partie suivra dans quelques jours. Bonne lecture.

Les élu-e-s de Limousin Terre de Gauche au conseil régional : Christian Audouin, Stéphane Lajaumont, Véronique Momenteau, Laurence Pache, Joël Ratier et Pascale Rome.

 

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