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CARREFOUR : le financier, le salarié

Publié le par pcf23

caddieConnaissez-vous Lars Olofsson ?

Diplômé de sciences économiques après des passages remarqués aux States et en Suisse, ce Suédois de cinquante-neuf ans est le directeur général d’un des fleurons de la grande distribution, Carrefour, numéro deux mondial. À Paris, lors d’une assemblée générale pour le moins tendue durant laquelle salariés, syndicalistes et certains actionnaires ont exprimé leur mécontentement, Lars Olofsson, contesté, a pourtant obtenu les « pleins pouvoirs » pour mettre en œuvre une stratégie de « développement » qui tient en quelques mots : céder l’enseigne de hard discount, DIA, pour satisfaire les gros actionnaires…

Dans le concert mondial et stratégique de la haute finance, Monsieur Olofsson possède une grande qualité : il est un serviteur corvéable, zélé, de vrais boss. Et chez Carrefour, les deux principaux actionnaires, qui forment un véritable tandem, sont Bernard Arnault (patron de LVMH) et Sébastien Bazin (dirigeant du fonds Colony Capital). Pour eux, rien n’est décidément trop beau. Dans cette opération de début de vente à la découpe, les propriétaires de Carrefour espèrent tirer entre 3 et 4 milliards d’euros. Mais, pas de méprise. Carrefour, en tant que tel, ne percevra rien de ce pactole, qui alimentera exclusivement la holding commune au duo Arnault-Bazin. Bref, un joli bas de laine, symbole d’une ultrafinanciarisation des modes de gestion mis au service de la seule rentabilité…

D’où l’extrême colère des syndicalistes, réunis en marge de l’AG. L’un d’eux résumait la situation : « Le gros problème chez Carrefour, ce sont les actionnaires, deux financiers qui rendent impossible la mise en œuvre d’une stratégie de reconquête efficace et qui n’ont qu’un objectif, retrouver leur mise de départ… » Avec la cession de DIA, que la plupart des observateurs considèrent comme une aberration financière et stratégique, les salariés s’inquiètent légitimement de l’avenir de leur société. Alors qu’en 2010, le groupe affichait encore près de 400 millions d’euros de bénéfices net pour un chiffre d’affaires de 90 milliards, près de 10 000 salariés sur 76 000 ont été sacrifiés en trois ans dans les seuls hypers.

Depuis des mois, jamais la tension sociale n’a atteint un tel degré d’incandescence au sein de l’entreprise, où se sont multipliés les arrêts de travail pour des augmentations de salaires… À ce propos. Le patron Lars Olofsson a touché l’an dernier 2,6 millions d’euros de salaire et 900 000 euros en stock-options. Or il y a quelques jours, la justice a déclaré Carrefour Hypermarchés « coupable » de « paiement par un employeur de salaire inférieur au minimum mensuel garanti »…

Cherchez l’erreur.

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