Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Conseil Régional du Limousin : commission permanente du 30 juin 2014

Publié le par pcf23

Commission permanente du 30 juin 2014 : les divergences s'approfondissent entre Limousin Terre de Gauche et la majorité régionale

Délégation de service public, aides aux multinationales, subventions à l’enseignement privé, les divergences entre l’exécutif socialiste et le groupe Limousin Terre de Gauche étaient à nouveau flagrantes lors de la dernière commission permanente …

La Région aura la responsabilité à partir de septembre des six lignes régulières de bus gérées jusque là par la SNCF dans le cadre de la convention TER. La commission permanente avait à se prononcer sur le mode de gestion futur de ces lignes : soit une gestion directe, soit une gestion déléguée au secteur privé. C’est cette deuxième proposition qui a été retenue par la majorité régionale. Les élus Limousin Terre de Gauche par les voix de Stéphane Lajaumont et Pascale Rome ont dénoncé ce positionnement, regrettant une présentation tronquée et partisane des avantages et inconvénients de chaque mode de gestion, notamment en évacuant le fait que, dans le coût d’une délégation de service public, figurait forcément la marge financière de l’entreprise ayant obtenu le marché. Ils ont déploré un véritable « choix idéologique » qui s’inscrit de toute évidence dans les pas de la réforme ferroviaire voté à l’Assemblée nationale et préparant la privatisation du transport ferroviaire voyageur. Le groupe a voté contre la délibération.

Les multinationales passent à la caisse et la majorité socialiste est au garde-à-vous

Après de débats assez vifs, la commission permanente précédente avait décidé d’ajourner une aide à la multinationale Borgwarner. Une décision qui laissait espérer que l’exécutif socialiste se range enfin aux arguments de Limousin Terre de Gauche pour qui l’argent public ne doit pas aller aux multinationales mais au développement des TPE/PME et des filières locales et avec des conditionnalités en matière sociale, ennvrionnementales et démocratiques. L’espoir aura été de courte durée : c’est le même rapport, sans aucune ligne changée, qui était de nouveau proposé au vote des élus. On peut se demander dans ces conditions à quoi a servi l’ajournement. Ce que n’ont pas manqué de faire les élus du groupe LTG dénonçant le manque de courage politique et l’abandon de toute résistance des socialistes face aux multinatinales.

L’unité tulliste de la multinationale américaine Borg Warner, spécialisée dans le développement et la production d’électrovannes pour l’automobile va ainsi bénéficier de près de 1,2 million d’argent régional pour financer de nouveaux investissements sur le site corrézien (et plus de 600000 euros de l'Etat). Comme l’a rappelé Stéphane Lajaumont, le groupe n’a pourtant nul besoin de cet argent public : en 2013, il a versé plus de 100 millions d’euros à ses actionnaires et il se porte très bien ! Christian Audouin a pour sa part rappelé que Borgwarner, comme d’autres grands groupes, va par ailleurs bénéficier d’avantages fiscaux conséquents au titre des 50 milliards d’allègements du Pacte de responsabilité et ainsi « passer deux fois à la caisse ». Des arguments qui laisseront de marbre les élus socialistes et UMP qui voteront sans état d’âme la délibération. Certains élus socialistes justifiant même la nécessité de cette aide par le fait que, si elle n’était pas versée, l’activité de cette multinationale se trouverait en difficulté en 2017 !!! Limousin Terre de Gauche votera contre, tout comme les élus Europe Ecologie les Verts et ADS. Pour mémoire, Borg Warner, au lieu d’embaucher directement, va aussi sous-traiter le nettoyage de ses locaux à une entreprise corrézienne créée pour l’occasion…: cette dernière va donc toucher plus de 300000 euros d’argent public… sans doute pour saluer l’aptitude de Borg Warner à la sous-traitance.

Cette même approche prévaudra lorsqu’il s’agira de se prononcer sur d’autres dossiers. Ainsi le groupe de luxe Christian Dior, grâce à un « projet collaboratif » avec une start-up limousine et un laboratoire public régional fait financer une partie d’un projet « recherche développement » par de l’argent public (260.000 euros). La société Charal, implantée à Egletons obtient elle une subvention de 264.000 euros pour des investissements. Peu importe qu’elle appartienne au groupe Bigard qui dégage quatre milliards de chiffre d’affaire et dont le propriétaire était la 125ème fortune de France en 2013. Enfin le groupe Plainemaison qui affiche une santé florissante n’hésite pas lui non plus à solliciter la Région pour financer la formation de certains de ses salariés. A chaque fois, les élus Limousin Terre de Gauche poseront la même question : ces sociétés ont-t-elles besoin de l’aide régionale pour financer leurs investissements ? Ils n’obtiendront jamais de réponse…

Refusant d’apporter toute aide régionale à des multinationales qui dégagent des profits et versent des dividendes à leurs actionnaires, les élus Limousin Terre de Gauche ont voté contre ces subventions.

Soutien de Terre de Gauche à l’enseignement professionnel public et à la culture, mais pas à l’enseignement privé.

Concernant les rapports éducation-formation, le groupe votera comme à son habitude contre les aides apportées à l’enseignement privé (allocation d’équipements des élèves, CFA adossés à des structures privées). Laurence Pache interviendra par ailleurs pour réaffirmer l’hostilité du groupe à la généralisation de l’apprentissage, soulignant qu’il est particulièrement hasardeux de confier la formation des jeunes aux entreprises dans le contexte économique actuel. Les contrats de beaucoup de ces jeunes sont souvent rompus et ayant énormément de mal à en trouver un autre, ils se retrouvent déscolarisés. Pour l’élue creusoise il faudrait au contraire « mettre le paquet » sur l’enseignement professionnel public.

Sur les interventions en faveur de la culture, le groupe, s’appuyant sur les interventions de Véronique Momenteau en commission ad-hoc se prononcera contre la baisse de la subvention accordée au CMRT (conservatoire des musiques régionales traditionnelles) et la baisse du plafond des aides apportées à la coproduction en faveur de compagnies professionnelles installées en Limousin.

A noter aussi que le groupe Terre de Gauche a rejeté les « achats de prestation de communication » aux grands clubs sportifs (600 000 euros dont 300000 pour le CSP et 230000 pour le CAB) qui viennent en plus des dotations ordinaires, déjà très importantes, en estimant qu’il y avait d’autres financements prioritaires.

Commenter cet article