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Conseil Régional du Limousin. Séance plénière du 23 juin 2014 - 1ère partie -

Publié le par pcf23

Conseil Régional du Limousin. Séance plénière du 23 juin 2014 - 1ère partie -

La Lettre de Limousin Terre de Gauche

(la suite du compte rendu dans quelques jours)

L’actualité immédiate a été au cœur de cette séance plénière avec des débats houleux autour du projet de réforme des collectivités locales et d’une motion de soutien aux salariés de l’équipementier Altia à la Souterraine. Une actualité qui a bousculé l’ordre du jour et le déroulement traditionnel des travaux de l’assemblée.

Quand les salariés en lutte d’Altia ne veulent pas d’une eau tiède politique

L’actualité, c’était d’abord la situation difficile dans laquelle se trouvent les salariés de cette entreprise. Ils étaient près de deux cents présents à l’ouverture des débats, attendant un signal fort de l’exécutif régional en appui de leur combat pour assurer la pérennité du site.

Altia a connu une histoire mouvementée depuis maintenant près d’une décennie, victime d’investisseurs successifs peu scrupuleux. Après bien des péripéties la société a été à nouveau placée en redressement judiciaire il y a quelques semaines mais aucune offre sérieuse de reprise n’a encore été déposée.
Exaspérés devant les atermoiements des constructeurs automobiles et des pouvoirs publics, les salariés avaient décidé de s'inviter à la séance plénière du Conseil régional.

Ils attendaient un geste fort de la collectivité quelques jours après une réunion publique organisée à la Souterraine le 13 juin 2014 à laquelle participait une représentante de l’exécutif régional mais aussi Stéphane Lajaumont pour le groupe Limousin Terre de Gauche. Sur la proposition de ce dernier, le principe d’une motion d’urgence soutenant les revendications des salariés avait eté arrêté. Il était prévu de la soumettre au vote du conseil régional réuni en séance plénière le 23 juin.

Dans les jours suivant la réunion à La Souterraine, une écriture commune, reprenant l’essentiel des revendications des salariés, avait été trav aillée entre les groupes PS et Limousin Terre de Gauche avant que le vice-président en charge de l’économie, qui n’avait pas assisté à la réunion creusoise (G. Vandenbroucke), ne mette au dernier moment son veto sur les deux points essentiels de la revendication des salariés d’Altia : celui demandant au gouvernement de se porter garant du montage financier assurant le devenir des sites d’Altia en faisant pression sur les constructeurs pour qu’ils investissent directement. Refusant cette écriture contraire aux engagements pris devant les salariés, le groupe Limousin Terre de Gauche décidait de maintenir le texte initial. A l’ouverture de la séance ce sont donc deux motions d’urgence qui étaient soumises au vote des élus.

Stéphane Lajaumont, déplorant cette situation, a rappelé pourquoi il y avait urgence. Tout d’abord en soulignant l’importance industrielle et économique d’Altia (deux sites en Limousin, des salariés présents dans près d’une centaine de communes, une entreprise très largement aidée sur des fonds publics, de la part des collectivités locales ou, plus récemment, des 5 millions d’euros apportés par la Banque Publique d’Investissement…) et le fait que de l’avoir confié à des financiers voyous et non à des industriels aboutissait à cette situation, alors que les carnets de commande sont tellement pleins que les sites tournent à leur capacité maximale… Et que le seul « repreneur » (GMD) qui s’est présenté envisage quand même 170 licenciements (un salarié sur trois !!!) alors qu’il y a les moyens de garantir l’emploi de tous !

L'élu haut-viennois de Terre de Gauche a ensuite souligné que le mouvement de grève d’Altia-La Souterraine avait contraint Peugeot à venir s’asseoir autour de la table dès le 20 juin… (à noter : chose faite également depuis pour Renault 3 jours plus tard !) signe que l’équipementier automobile ex-Altia avait de l’avenir… à condition que les pouvoirs publics contraignent les constructeurs à investir pour assurer un projet industriel pérenne.

Prenant à son tour la parole, Gérard Vandenbroucke pour le PS tentait laborieusement de justifier le texte amputé présenté par la majorité régionale avant que le président de région décide de renvoyer la discussion en commission à plus tard. Bronca immédiate dans les rangs des manifestants, nouvelle intervention du groupe Limousin Terre de Gauche … Finalement Jean-Paul Denanot décidera une interruption de séance afin que la commission ad hoc se réunisse pour trouver une synthèse en les deux textes. Ce sera chose faite une demi heure plus tard et le texte commun – voir en annexe -, préservant l’essentiel, mais dans une version affadie, sera voté à la majorité, les élus de l’UMP ayant décidé de ne pas prendre part au vote.

Une des précédentes mobilisations des "Altia"

A noter : depuis, une table ronde a eu lieu le 26 juin (avec le ministère Montebourg, les salariés et les constructeurs…) dans laquelle le PS mettait tous ses espoirs… pour un résultat bien maigre... d'autant plus que le gouvernement est resté en retrait dans cette discussion, refusant de mettre son poids politique dans ce rapport de force nécessaire. Ce qui montre bien que la bataille pour imposer un projet industriel durable doit se poursuivre.

C’est là que réside la différence essentielle entre le groupe Limousin Terre de Gauche et l’exécutif régional socialiste : pour notre part, nous n’acceptons pas de soumettre notre volonté politique au bon vouloir des industriels, ce qui est l’essence même du libéralisme économique ! L’incitation est rarement suffisante pour des grands groupes… parfois il faut procéder par la contrainte... ce qui devrait être d’autant plus facile quand l’État y est actionnaire (Renault) ou quand les aides publiques sont importantes… (un milliard à Peugeot…). Limousin Terre de Gauche continuera à apporter son soutien plein et entier aux salariés d’Altia en lutte pour un projet préservant TOUS les emplois !

Motion finale votée :

Au regard de l’histoire récente du groupe Altia, né après une procédure de redressement judiciaire compliquée, et dont les repreneurs n’ont pas su ou voulu structurer un projet industriel à la hauteur des enjeux, préférant les remontées de trésorerie à leur holding et à leur SCI au développement et au renouvellement de l’outil industriel,

Au regard de la situation actuelle des sites limousins de La Souterraine et de Bessines revendus il y a peu pour l’euro symbolique à un groupe fantôme porté par des repreneurs peu scrupuleux, et dont le projet industriel était par là-même totalement inexistant.

Au regard des nombreuses interrogations sur les pratiques de gestion que la période d’observation de la procédure collective est en train de mettre à jour,

Au regard de l’importance socio-économique et stratégique que représentent les unités limousines et dont le savoir faire reconnu par tous, ainsi que la crédibilité, le professionnalisme, et l’implication très forte de ses salariés.

Le Conseil Régional du Limousin réuni en Séance Plénière le 23 juin 2014, demande

- que le Tribunal prolonge la période d’observation des sites d’Altia, pour que les employés de ces usines, de part leur implication, leur savoir-faire et leur mobilisation, puissent continuer de démontrer que ces usines sont viables et donc pérennes. Nous sommes en effet persuadés qu’il faut donner le temps nécessaire à ces sites pour faire la preuve de leur capacité à se redresser.

- que la table ronde prévue le 26 juin, organisée au ministère du redressement productif, en présence des salariés, des constructeurs, de la direction de l’entreprise, conduise nécessairement à :

- la mise en œuvre d’un montage financier s’appuyant sur l’investissement durable des industriels et notamment des constructeurs, dont le gouvernement sera le maître d’œuvre et le garant ;

- l’élaboration d’un projet industriel pérenne fondé sur un classement au rang 1 de sous-traitance pour les deux sites.

Parce qu’il s’agit tout à la fois de garantir l’emploi, le développement des territoires et la développement de la filière automobile française, le Conseil Régional du Limousin, souhaitant vivement la réussite de cette table ronde, restera mobilisé aux côtés de l’ensemble des salariés et des différents acteurs et très vigilant quant au devenir des sites dans les jours, les semaines, les mois, et les années à venir : il demande en tout état de cause à être associé autant que de besoin à toute initiative, particulièrement gouvernementale, susceptible de trouver le plus rapidement possible une solution répondant aux aspirations légitimes des salariés. Le conseil régional pense également que les parlementaires et élus des territoires directement concernés devraient utilement être associés à ces initiatives. Le Conseil régional demande au gouvernement de prendre toutes les mesures destinées à pérenniser les entreprises et l’emploi et répondant aux aspirations des salariés.

Motion d’urgence initialement présentée par Limousin Terre de Gauche

Au regard de l’histoire récente du groupe Altia, né après une procédure de redressement judiciaire compliquée, et dont les repreneurs n’ont pas voulu ni cherché à structurer un projet industriel à la hauteur des enjeux, préférant les remontées de trésorerie à leur holding et à leur SCI au développement et au renouvellement de l’outil industriel,

Au regard de la situation actuelle des sites limousins de La Souterraine et de Bessines revendus il y a peu pour l’euro symbolique à un groupe fantôme porté par des repreneurs peu scrupuleux, et dont le projet industriel était par là-même totalement inexistant,

Au regard des nombreuses interrogations sur les pratiques de gestion que la période d’observation de la procédure collective est en train de mettre à jour,

Au regard de l’importance socio-économique et stratégique que représentent les unités limousines et dont le savoir faire reconnu par tous, ainsi que la crédibilité, le professionnalisme, et l’implication très forte de ses salariés,

Le Conseil Régional du Limousin réuni en Séance Plénière le 23 juin 2014, demande :

- que le Tribunal prolonge la période d’observation des sites d’ « Altia », afin de confirmer que ces usines sont viables et donc pérennes.

- que le Gouvernement soit maître d’œuvre et garant du montage financier assurant le devenir des sites « Altia » en Limousin, en obtenant des constructeurs, largement soutenus par des aides et des commandes publiques, qu’ils entrent de façon significative au capital de l’entreprise, afin d’assurer la pérennité du projet industriel, faisant ainsi des deux sites des sous-traitants de rang 1.

- que la table ronde prévue le 26 juin au ministère du redressement productif en présence des salariés, des constructeurs, de la direction de l’entreprise doit être l’occasion de la mise en œuvre de ce montage financier. Au cas où l’issue de la table ronde du 26 juin ne serait pas jugée satisfaisante par les salariés des sites limousins et leurs représentants, le conseil régional du Limousin demande au gouvernement de faire pression sur les constructeurs pour qu’ils investissent quand même de manière durable dans le projet industriel des sites « Altia ».

Parce qu’il s’agit tout à la fois de garantir l’emploi, le développement des territoires et la structuration de la filière automobile française, le Conseil Régional du Limousin restera mobilisé aux côtés de l’ensemble des salariés et très vigilant quant au devenir des sites dans les jours, les semaines, les mois, et les années à venir.

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